J’entends un peu partout les médias européens pleurer sur les résultats en Suède et ceux qui pourraient advenir en Italie. Mais à qui la faute ? Que ces médias qui ne cessent de défendre l’idée d’une Europe ouverte à tous les courants migratoires depuis des décennies commencent par balayer devant leur porte. Que croyaient-ils ? Que les peuples européens accepteraient de se suicider sans réagir ? Que les peuples européens accepteraient de voir la violence exploser sans broncher ? Si la réponse est positive alors ces gens qui se pensent intelligents sont en réalité des imbéciles. Si la réponse est négative alors ces gens qui se pensent moralement supérieurs sont en réalité d’immondes cyniques. Le vote en Suède comme peut-être celui à venir en Italie s’expliquent par deux maux : immigration-islamisation. Que nos élites cessent de pleurer et acceptent de regarder la réalité en face. Elles veulent la disparition des populistes, des nationalistes ou de l’extrême droite ? Qu’elles résolvent ces deux problèmes en menant les politiques adéquates et ces partis reflueront aussi vite qu’ils sont montés. Tout le reste n’est que du bla-bla d’éditorialistes hypocrites qui cherchent des explications alambiquées pour éviter d’avoir à mettre des mots sur les maux. La gauche danoise a parfaitement compris cela. Mette Frederiksen est consciente du danger que fait peser sur son pays une immigration incontrôlée. C’est pourquoi dès son arrivée au pouvoir en 2019 elle s’est lancée dans une politique d’accueil très restrictive qui porte aujourd’hui ses fruits. Elle n’a pas hésité à se fixer un objectif extrêmement ambitieux en matière de politique migratoire puisqu’elle a décidé que son pays devait parvenir à zéro demandeur d’asile. Ni plus ni moins. Et sa détermination est à prendre au sérieux puisqu’en 2020 le Danemark a enregistré plus de dix fois moins de demande d’asile qu’en 2015 année du déferlement migratoire en Europe provoqué notamment par l’attitude totalement irresponsable de la chancelière allemande Angela Merkel. En 2021 le gouvernement social-démocrate faisait voter par le parlement une loi qui prévoyait que tout demandeur d’asile au Danemark serait envoyé dans un centre d’accueil en dehors de l’Union européenne une fois sa demande enregistrée. S’il n’obtient pas le statut de réfugié, le migrant sera prié de quitter le pays tiers. Mais même s’il l’obtient, le migrant sera accueilli dans le pays hôte et non au Danemark. Et en 2022 le ministre de l’immigration, Dybvad Bek, a déclaré vouloir que toute personne n’ayant ni résidence permanente ni citoyenneté au Danemark soit expulsée si elle est condamnée à une peine de prison : « Si vous avez commis un crime violent ou si vous êtes un criminel violent ou un violeur, vous ne devriez pas être autorisé à rester au Danemark si vous n’avez pas de résidence permanente ou si vous n’êtes pas un citoyen. Chaque étranger criminel expulsé est une bonne chose. Peu importe combien il y en a. Le fait est que nous devons faire tout ce que nous pouvons pour que les étrangers criminels soient expulsés. C’est ce que nous faisons avec ces nouvelles règles d’expulsion ». Résultat ? L’extrême droite danoise est en recul (1). À l’inverse, pour avoir laissé son pays ouvert à tous les vents migratoires, pour l’avoir laissé sombrer dans la violence et pour avoir multiplié les zones de non-droit, la Première ministre suédoise, Magdalena Andersson, a logiquement payé au niveau électoral son incurie sur ces questions régaliennes et l’extrême droite s’est envolée au-dessus des 20 %. Il n’y a aucune surprise. La surprise serait qu’il en soit autrement. Cela signifierait que les peuples européens auraient perdu tout réflexe de survie. Magdalena Andersson a bien tenté de faire croire aux électeurs qu’elle avait compris en faisant une déclaration choc avant les élections : « Nous ne voulons pas que notre pays devienne un Somalie land ». Au-delà de ce formidable aveu de son échec, un petit tour dans les rues de Malmö suffit pour comprendre que son problème n’était pas seulement de vouloir mais de pouvoir.

Laurent Dayona

(1) https://www.marianne.net/monde/europe/moins-dimmigres-et-moins-dextreme-droite-au-danemark-des-soc-dem-a-la-dure