Un article sur l’âge avancé des grands leaders américains, paru dans le magazine l’Express en date du 28 juillet, m’a fait rire jaune. Si je conçois parfaitement que cette situation pose de nombreux problèmes, je relève toutefois deux choses irritantes. Premièrement, à aucun moment l’auteur de cet article ne fait peser la responsabilité de cette situation sur les électeurs. C’est bien beau de venir pleurer mais à ce que je sache les États-Unis sont une démocratie et les élus le sont par la volonté du peuple. Si il se trouve une majorité pour envoyer des représentants, des sénateurs ou même un président sénile pour occuper la fonction il est bon me semble-t-il de ne pas les exonérer de toute responsabilité dans cette situation. Mais il y a pire. La correspondante de l’Express aux USA, Hélène Vissière, a méticuleusement choisi ses interlocuteurs sur le sujet. Jugez-en plutôt. Ainsi pour Harold Pollack, professeur de santé publique à l’université de Chicago (outre que cette ville très progressiste est peu représentative de l’ensemble du pays on peut se demander en quoi cet homme est qualifié sur ce sujet) le principal problème que pose le vieillissement de la classe politique américaine serait qu’ « en terme de climat ou de LGBT, tous ces vieux au pouvoir pensent différemment des électeurs de moins de 40 ans. Ils sapent la légitimité du système démocratique auprès des jeunes… ». Yuval Levin, du think tank American Enterprise Institute, estime que « le fait d’être gouverné par des octogénaires empêche d’orienter la société vers l’avenir et contribue à un sentiment largement partagé de désespoir sur notre pays ». Enfin, la journaliste termine son article par une citation de l’inévitable Elon Musk, spécialiste en tout, « Mettons un âge limite aux mandats électifs ». À ce stade de l’article il aurait été sain que la journaliste souligne que les jeunes feraient bien de commencer par aller voter si ils veulent que cela change. D’autant plus qu’aux États-Unis le système des primaires, généralisé pour toutes les élections, permet d’avoir une large palette concernant l’âge des candidats. Si les électeurs se tournent majoritairement vers des candidats âgés, les jeunes qui préfèrent s’abstenir ne sont pas étrangers à cet état de fait. Bien entendu, tout peut se discuter dans une démocratie. Et mettre un âge limite pour les élus peut se concevoir mais attention à ne pas ouvrir une boîte de Pandore. Ce n’est pas un hasard si cette idée semble défendue par des cercles « progressistes » dont on connaît la capacité à restreindre les libertés au nom d’un prétendu bien commun dont ils seraient les seuls dépositaires. Pour Harold Pollack vous êtes vieux si vous avez plus de 40 ans, pour Yuval Levin si vous êtes octogénaire. L’éventail est large. Qui fixera un âge limite ? Et sur quels critères ? Il est amusant de voir que ces cercles « progressistes » toujours si prompts à vous jeter à la figure des accusations de discrimination n’hésitent pas une seconde à en établir lorsqu’elles permettent de faire avancer leur agenda idéologique. Car ce n’est pas un hasard si, pour justifier l’idée d’imposer une limite d’âge pour des fonctions électives, on met en avant la question du climat et des LGBT. Puisqu’une majorité des élus pensent mal sur ces sujets, selon les critères de nos « progressistes », il convient de changer les élus. Avant de changer de peuple ? Car qui peut nous assurer que demain ne sera pas fixé un pass restreignant le corps électoral si d’aventure il venait à l’idée de quelques « progressistes » que celui-ci ne votait pas « correctement » ? À ce sujet, il me semble que nos idéologues se préparent des lendemains difficiles car outre le climat et la défense de la cause LGBT, une autre de leur marotte est de faire venir toujours plus d’immigrés au sein de nos démocraties occidentales. Immigrés qui pour la très grande majorité d’entre eux proviennent de sociétés, de cultures ou de religions dans lesquelles la place réservée aux homosexuels est non seulement discriminatoire mais bien souvent délictuelle pour ne pas dire criminelle. Comme quoi on peut ne pas être gérontocrate tout en étant parfaitement dément dans ses choix.

Laurent Dayona