Le moins que l’on puisse dire c’est que l’attentat qui a frappé la Norvège dans la nuit du 24 au 25 juin, faisant deux morts et 21 blessés, est pour le moins étrange. Le terroriste a été présenté dans une grande majorité des médias comme étant un Norvégien d’origine iranienne. Cette présentation m’a immédiatement intrigué. En effet, les islamistes iraniens ne sont pas connus ces dernières décennies pour s’en prendre aux Européens, sauf si ils sont de confession juive, mais même dans ce cas les attaques sont rares. De plus, ces terroristes islamistes iraniens sont la plupart du temps téléguidés par les autorités iraniennes. Or, l’intérêt pour ces dernières de frapper l’Europe, alors que des négociations sont en cours pour ressusciter l’accord sur le nucléaire iranien, est quasiment nul. Et justement le terroriste si il est bien d’origine iranienne est surtout kurde de confession sunnite. Et cela change tout. Outre que la minorité kurde qui vit dans l’Ouest de l’Iran réclame son autonomie vis-à-vis du pouvoir central, la confession du terroriste cadre davantage avec le profit des fanatiques qui frappent régulièrement l’Europe depuis dix ans (*). Mais il vous suffit de faire un test auprès de vos proches. Qu’auront-ils retenus ? Que le terroriste était d’origine iranienne. Est-ce le but recherché ? On est en droit de se poser la question lorsqu’on s’aperçoit que depuis plusieurs semaines une vaste entreprise de conditionnement des esprits est en cours pour préparer les opinions publiques occidentales à d’éventuelles frappes contre les installations nucléaires iraniennes. Quiconque s’est rendu dernièrement au cinéma pour y voir le second opus de Top Gun, immense succès commercial au demeurant, n’a pu qu’être troublé en constatant que tout le scénario du film tourne autour de l’attaque par les États-Unis d’une installation destinée à la fabrication d’uranium enrichi qui menace l’existence de leurs alliés dans la région. Toute ressemblance avec une nation précise ne relève pas ici de la coïncidence. Et j’éprouve le même trouble lorsque je constate que ce fameux terroriste d’origine iranienne (puisque c’est cela qu’auront retenus les opinions publiques occidentales) était depuis 2015 dans le radar des services norvégiens de renseignement intérieur en raison de « sa radicalisation » et de son appartenance « à un réseau islamiste extrémiste » (en l’occurence l’État islamique même si ce point est rarement précisé). Et que dire des révélations du Figaro par lequel on apprend qu’en « mai dernier, Zaniar Matapour avait été entendu par la police après avoir été identifié sur les lieux d’une manifestation de l’organisation Stop Islamisation of Norway (…) interpellé alors qu’il se trouvait dans une voiture avec Arfan Bhatti, recruteur de l’organisation État islamique en Norvège ». En dépit de ces fait les services de sécurité norvégiens en ont déduit que cet individu… n’avaient pas « d’intentions violentes». Pourtant, deux semaines avant l’attentat perpétré à l’extérieur d’un bar gay d’Oslo, Arfan Bhatti avait posté sur Facebook un drapeau LGBT en feu. Cela commence à faire beaucoup non ? Mais l’essentiel n’est-il pas que ce vrai terroriste islamiste sunnite reste dans les mémoires collectives occidentales comme le vilain iranien représentant d’un régime dangereux, justement honni, qu’il faudra bien un jour ou l’autre punir pour ses intentions de devenir une puissance nucléaire ?

Laurent Dayona

(*) La majorité des Iraniens sont de confession chiite.