Sanctionner la Russie oui mais faut-il pour autant remplacer une dépendance devenue immorale par des dépendances qui le sont tout autant ? En présentant le 18 mai dernier son plan « RePowerEU » qui doit permettre aux Européens de s’affranchir du pétrole et du gaz russe, la Commission européenne n’a rien trouvé de mieux que de se tourner vers les États-Unis, l’Azerbaïdjan, l’Algérie et le Qatar. Au moment où l’on ne cesse de culpabiliser les Européens sur leur empreinte carbone voilà que Bruxelles trouve judicieux de se tourner vers le gaz de schiste américain. Bien plus cher, bien plus polluant dans son processus d’extraction et qui nécessite pour son transport la mobilisation de très (trop ?) nombreux cargos méthaniers sillonnant l’Atlantique. Et je ne parle même pas du fait que ce choix allonge la liste des dépendances économiques et stratégiques de l’Union européenne envers les États-Unis. Quant au choix de l’Azerbaïdjan, alliée de la Turquie, et qui est en conflit ouvert avec l’Arménie, il prouve que les euromondialistes à la tête de l’Union européenne se moquent comme d’une guigne de la défense de notre civilisation. Et que dire du choix de l’Algérie dirigée par une mafia qui vole son peuple et de celui du Qatar qui n’a pas rompu avec l’esclavage de ses travailleurs immigrés (1) et qui finance des organisations islamiques en Europe très éloignées de nos valeurs démocratiques ? Pour la morale et l’indépendance stratégique on repassera. Mais sans doute cela est-il le prix à payer pour les choix énergétiques stupides de la première puissance économique européenne. À commencer par son acharnement aveugle contre le nucléaire. Au final, seul le choix de la Norvège, du Canada et du Japon est pertinent. Tant sur un plan géopolitique que moral.

Laurent Dayona

(1) http://www.esclavagemoderne.org/2020/09/04/rapport-dhuman-rights-watch-esclavage-moderne-au-qatar/