Que cela soit le Rassemblement National ou Reconquête aucun de ces partis n’a compris qu’il était vain de se cantonner à un nationalisme français. Celui-ci conduit à une impasse. C’est un nationalisme hémiplégique. Tant sur un plan électoral qu’idéologique. Pour rassembler davantage de nos compatriotes il faut élargir ce nationalisme à l’Europe. Aujourd’hui être nationaliste européen n’est plus contradictoire avec l’amour que l’on peut porter à sa patrie d’origine. Ce nationalisme est complémentaire. Aucune des nations européennes confrontées au péril identitaire que représente les migrations incontrôlées en provenance des pays du Tiers-monde ne pourra faire face seule. Il n’existe pas de solution individuelle. Seule une résistance commune permettra aux nations européennes de relever ce défi existentiel. Le premier combat auquel doit s’atteler une droite européiste identitaire est de faire tomber le masque des faussaires européens. Ces européistes à la manette depuis des décennies ne sont que des patriotes Canada dry. Ils utilisent les symboles de l’Europe, parlent avec les mots de l’Europe mais ils sont avant tout des mondialistes. Leur objectif n’est pas de sauvegarder la civilisation européenne. Il n’est pas davantage d’inscrire le projet européen dans un développement de sa puissance et de son indépendance. Comment cela se pourrait-il lorsqu’ils défendent mordicus l’appartenance de l’Europe à l’Alliance Atlantique qui marque sa soumission aux intérêts géopolitiques et économiques des États-Unis ? Comment cela se pourrait-il lorsqu’ils promeuvent une immigration incontrôlée au point que celle-ci modifie l’ADN même de la civilisation européenne ? N’est-ce pas le président Emmanuel Macron lors de son récent discours d’investiture qui, en parlant du peuple français, évoque un « peuple nouveau, différent d’il y a cinq ans » ? Ces individus savent pertinemment ce qu’ils font. Ils détruisent sciemment tout l’héritage pluri millénaire de l’Europe. Et pourtant, en dépit de tout cela, ou peut-être à cause de cela grâce à l’appui des médias qu’ils contrôlent très majoritairement, ces faussaires ont réussi à se prévaloir dans l’opinion publique d’une image d’Européistes convaincus. En face, nous retrouvons nos nationalistes étriqués. Qui en France, qui en Italie, qui en Allemagne etc… pensent trouver dans un repli national la réponse aux maux provoqués par le mondialisme faussement paré des habits européens. Ce petit jeu de dupe dure désormais depuis trente ans. Il a conduit l’Europe dans une impasse mortifère. Pour que cela change il est temps d’envisager un nouveau paradigme. Celui-ci passe obligatoirement par la création de partis qui, à la droite de l’échiquier politique, s’appuient sur une doctrine politique en faveur de la défense d’une nation européenne souveraine, puissante, fédérale et identitaire. Un fédéralisme européen identitaire doit s’opposer au fédéralisme européen mondialiste qui entraîne notre civilisation vers l’abîme. Cette évolution est encore embryonnaire mais des signes encourageants apparaissent dans différents pays. Mais cela est encore très largement insuffisant. Le temps nous est compté. La prise de conscience doit se faire rapidement ou bien la civilisation européenne sortira définitivement de l’histoire après une longue agonie.

Laurent Dayona