Vladimir Poutine a agressé l’Ukraine. C’est une erreur inadmissible. Une faute impardonnable. Et pour cela il convient de souhaiter la défaite de l’armée russe. Le président russe n’a pas su ou voulu garder son sang-froid qui lui aurait permis d’éviter de tomber dans le piège qui lui était tendu. Le chiffon rouge d’une adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, agité par Washington, ayant parfaitement rempli son rôle. Cependant, en agissant ainsi les États-Unis ont non seulement nié à la Russie le droit de prétendre à conserver une zone d’influence géopolitique dans son étranger proche mais ils ont également nié les réalités historiques, géographiques et culturelles régionales. Dans ces conditions, je m’étonne que nos médias gardent sous silence l’attitude des Américains à l’autre bout du monde. Il y a quelques jours on apprenait que les États-Unis mettaient en garde les Îles Salomon contre « toute installation militaire chinoise » et qu’en cas d’établissement d’une base militaire chinoise, cela causerait de « sérieuses inquiétudes » pour les USA et qu’ils riposteraient « en conséquence ». Rien que cela. Donc pour résumer, Moscou doit trouver normal que l’OTAN puisse s’installer à ses frontières mais en revanche il est inadmissible pour Washington que Pékin puisse s’étendre militairement dans le Pacifique. Extension qui ne résulte pas d’une invasion mais d’un accord entre deux pays. Cette position fait écho à une autre réaction américaine tout aussi hypocrite. Il y a quelques semaines on apprenait que la Guinée équatoriale n’excluait pas la possibilité de donner son autorisation à la construction d’un port militaire permettant à la marine chinoise d’assurer la présence de ses navires de guerre de façon permanente dans l’océan Atlantique. Là encore la réaction des États-Unis ne s’est pas faite attendre. L’administration Biden faisant immédiatement savoir aux autorités du pays africain que « dans le cadre de notre diplomatie visant à résoudre les problèmes de sécurité maritime (…) certaines mesures potentielles impliquant des activités chinoises soulèveraient des préoccupations en matière de sécurité nationale ». Notons que les côtes de la Guinée équatoriale se trouvent à… 11.000 kilomètres de celles des États-Unis. La Russie est donc priée de ne pas considérer comme une menace pour sa sécurité nationale de voir s’installer des bases militaires de l’OTAN dans son étranger proche mais en revanche une base navale chinoise à 11.000 kilomètres des côtes américaines c’est proprement scandaleux. Comprenne qui pourra…

Laurent Dayona