Disons le tout de suite. De génocide en Ukraine il n’y a point. Ni de la part des Russes à l’égard des Ukrainiens. Ni de la part des Ukrainiens à l’égard des populations pro-russes du Donbass. Vladimir Poutine et Volodymyr Zelinsky utilisent ce terme à des fins de propagande interne et externe. Si le premier l’a utilisé pour justifier son agression militaire, le second l’utilise afin de culpabiliser les Occidentaux afin qu’ils s’engagent davantage contre la Russie. Le président français Emmanuel Macron a raison de ne pas utiliser cette qualification qui répond à des critères précis et qui ne correspond pas aux événements en Ukraine. Des crimes contre l’humanité sans aucun doute. Des crimes de guerre sans aucun doute. Un génocide, non. Faut-il pour autant s’étonner de cette surenchère verbale ? Non. Elle est le fruit d’une dérive sémantique régulière depuis le conflit en ex-Yougoslavie. Depuis 30 ans, au moindre conflit, on voit des génocides partout. C’est ridicule. Durant cette période, le seul événement qui mérite l’appellation de génocide concerne la campagne d’extermination des populations Tutsis par les Hutus au Rwanda. Partout ailleurs nous avons eu affaire à des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité. Ce qui n’enlève rien à la gravité et à l’horreur de ces crimes. Car un génocide est un crime particulier. Il s’agit d’un crime contre l’humanité tendant à la destruction totale ou partielle d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux sans distinction de sexe ou d’âge. Quel que soit les crimes de l’armée russe en Ukraine on n’observe rien de tel. Jusqu’à aujourd’hui.

Laurent Dayona