Si nous voulons que l’Europe garde un sens, que cela ne soit pas juste une idée creuse ou un concept flou, le moment est venu d’intervenir militairement en Ukraine. Nous ne pourrons pas rester tranquillement chez nous et observer passivement la destruction d’un pays de 44 millions d’Européens sans réagir. La résistance des Ukrainiens et leur immense courage méritent mieux que notre compassion prudente. Nous allons devoir intervenir. Pas seulement pour sauver notre honneur mais également pour NOUS sauver. Laisser Vladimir Poutine gagner en Ukraine c’est prendre le risque de l’encourager à rétablir les frontières de l’empire russe comme il s’y est engagé à de multiples reprises. Pour rappel, ces frontières incluent la Finlande, les Pays Baltes et une partie de la Pologne. Il sera bien entendu le premier coupable mais nous le serons également et le prix à payer sera bien plus élevé que si nous décidons de le stopper maintenant dans les plaines ukrainiennes. Puisque la crainte légitime des opinions publiques européennes est de déclencher une troisième guerre mondiale en intervenant en Ukraine, il est possible d’en atténuer le risque en prenant le dirigeant russe à son propre piège sémantique. Il a dit intervenir en Ukraine pour empêcher un génocide ? Nous pouvons utiliser la même justification. Il a dit intervenir en Ukraine pour empêcher l’installation de bases de l’OTAN dans ce pays et se constituer ainsi un glacis stratégique ? Retournons lui cette rhétorique. En établissant dans un premier temps une bande de terre dans l’Ouest de l’Ukraine incluant la ville de Lviv, les forces militaires européennes proclameront y intervenir pour empêcher un génocide et constituer un glacis afin d’empêcher l’installation de bases russes aux frontières de l’Europe. Proclamons également que toute agression contre les forces européennes provoquera une troisième guerre mondiale. Le maître du Kremlin prétend ne pas la redouter ? Je pense que ce n’est que du bluff. Veut-il vraiment s’engager dans cette voie alors que son armée s’enlise déjà dans les plaines ukrainiennes face à un adversaire qui lui était théoriquement bien inférieur ? Si l’Europe veut imposer au dirigeant russe des négociations de paix qui soient autre chose qu’une capitulation de l’Ukraine débouchant sur son annexion il va falloir que nous nous en donnions les moyens sur le terrain. Vladimir Poutine ne comprend et ne respecte qu’un seul langage : celui de la force. Alors soyons fort. Ou bien cessons nos jérémiades hypocrites et regardons le massacre du peuple ukrainien sur nos écrans télés avec pop corn et Coca-Cola à proximité comme si cela était une bonne série catastrophe sur Netflix.

Laurent Dayona