Dans un article précédent j’ai déclaré qu’il fallait stopper Vladimir Poutine (1). Mais il ne faut pas le faire n’importe comment. Les images récentes des destructions massives des villes ukrainiennes par les bombardements de l’armée russe et l’augmentation des morts parmi la population civile bouleversent les opinions publiques européennes. À juste titre. Nous sommes sur une ligne de crête. Plus les images de ces destructions horribles et la souffrance inhumaine du peuple ukrainien parviendront sur nos écrans, plus il deviendra difficile pour les gouvernements européens de s’en tenir à leur position actuelle. Déjà dans nos médias se multiplient les appels d’Ukrainiens ou d’Ukrainiennes implorant les Européens à entrer en guerre contre la Russie. Et il faut bien l’avouer nous vacillons. Que cela soit les invités sur les plateaux TV qui entendent ces appels, que cela soit les experts militaires, que cela soit votre serviteur ou encore une partie de plus en plus importante de l’opinion même si celle-ci reste encore majoritairement opposée à toute ingérence militaire. Mais pour combien de temps encore ? Alors il faut le répéter, toute intervention militaire européenne en Ukraine marquera le début de la Troisième Guerre Mondiale. Nous sommes devant un choix qui semble insoluble. Comment éviter cette catastrophe, rappelons que le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a récemment déclaré que la troisième guerre mondiale sera nucléaire, et stopper Vladimir Poutine ? Un « en même temps » que ne renierait pas Emmanuel Macron.

Il faut accroître les sanctions économiques en les étendant notamment au secteur gazier et pétrolier en cessant tout commerce avec la Russie. Vladimir Poutine menace les Européens d’une apocalypse nucléaire ? En réponse la Russie doit être rayée économiquement de la carte par l’Europe. L’Europe doit également rompre ses relations diplomatiques avec la Russie. Toutes les ambassades et tous les consulats russes doivent être fermés. Seuls les canaux directs entre dirigeant étant maintenus. Parallèlement les livraisons d’armes à l’armée ukrainienne doivent s’amplifier et les autorités des différents pays européens doivent non seulement cesser d’entraver les départs des volontaires européens qui désirent rejoindre la résistance ukrainienne mais les faciliter. À ce sujet, je recommande à ceux qui n’ont aucune expérience du combat de ne pas partir. Leur présence ne fera qu’encombrer les Ukrainiens qui n’ont pas le temps matériel de former des soldats étrangers. L’objectif des Européens doit être d’aider les forces ukrainiennes à saigner à blanc l’armée russe afin que le coût en vie humaine de l’invasion vienne s’ajouter aux conséquences des sanctions économiques pour provoquer une réaction de la société civile russe. Le pouvoir de Vladimir Poutine doit trembler sur ses bases. En clair il faut provoquer son effondrement interne.

Il ne faut cependant pas écarter que Vladimir Poutine prenne enfin conscience de son erreur et que devant la perspective d’un échec il cherche un échappatoire. C’est pour cela qu’il faut également penser à lui ménager une porte de sortie par le haut. Ne serait-ce que pour lui éviter l’idée folle d’une politique de la terre brûlée si il venait à se sentir acculé à subir une défaite humiliante. Il pourrait lui être concédé la Crimée, la reconnaissance par Kiev de l’autonomie des deux républiques autoproclamées dans le Donbass (mais pas l’indépendance) et la neutralisation de l’Ukraine par un engagement de la France et de l’Allemagne que Kiev n’adhérera jamais à l’OTAN. En revanche, la perspective d’une adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne devra être entérinée par Moscou. Enfin, pourrait être négocié le retrait simultané des batteries anti-missiles en Roumanie et en Pologne contre celui des missiles Iskander dans la région de Kaliningrad. Cela permettrait au président russe de ne pas perdre la face devant son peuple et d’opérer un retrait de ses troupes. Mais encore faut-il qu’il commence à revenir à la raison. Et cela n’a pas l’air d’en prendre le chemin. D’ailleurs, si par malheur tout cela ne devait pas suffire pour stopper le maître du Kremlin, il sera alors toujours assez tôt pour penser à la Troisième Guerre Mondiale.

Laurent Dayona

(1) https://europarabellum.com/2022/02/27/la-nation-europeenne-doit-naitre-dans-les-plaines-ukrainiennes/