Lorsqu’on est capable de gaspiller 600 millions d’euros par an dans les sables du Mali pour un résultat plus que contestable, avec toutes les chances de voir cette aventure se terminer en débandade géopolitique, faut-il s’étonner de voir la France surendettée à hauteur de 120 % de son PIB en rajouter dans la surenchère ? Non. Après tout Michel Audiard nous a depuis longtemps éclairé sur la manière de reconnaître une certaine catégorie de personne. Et donc Florence Parly, notre ministre de la défense, stratège émérite si il en est, a cru bon déclarer samedi dernier que « Plusieurs centaines de militaires français sont prêts à être déployés en Roumanie ». Et cela dans la perspective d’un éventuel déploiement de l’Otan près de la frontière ukrainienne dans le cadre, je cite, «d’une alliance défensive». Je constate que la France, quelques mois après l’humiliation diplomatique concernant l’affaire des sous-marins destinés à l’Australie, est rentrée docilement dans le rang. Bon, nous ne sommes plus à une humiliation près. Ok. Ce qui me gêne voyez-vous c’est de voir la désinvolture avec laquelle mon gouvernement gaspille l’argent du contribuable pour faire face à une menace imaginaire (la Russie n’a aucune volonté d’envahir la Roumanie) et cela uniquement pour complaire aux stratèges du Pentagone. D’ailleurs Florence Parly précise bien qu’elle attend les ordres. D’Emmanuel Macron ? Vous n’y pensez pas : « Nous aurons une réunion très prochainement avec les membres de l’Otan. Nous nous préparons de sorte que nous soyons prêts dès l’instant où l’on nous demandera de nous déployer». Conclusion, Washington n’a plus qu’à siffler. Déploiement militaire qui ne fait d’ailleurs l’objet d’aucun débat. Ni au Parlement, ni dans les médias. Heureusement que nous sommes une démocratie. Mais la France n’est pas seule dans cette gabegie et dans cette soumission. L’armée allemande a annoncé que l’Allemagne avait décidé d’envoyer plusieurs avions de combat «Eurofighter» en Roumanie afin de sécuriser le flanc sud de la mer Noire. Ils seront stationnés dans le pays en février et en mars. Rien n’a été dit en revanche sur ce qu’il se passerait si ces coquins de Russes venaient à vouloir envahir la Roumanie en avril… Pas plus que sur le coût de ce déploiement qui n’est rien d’autre qu’une (im)posture médiatique ridicule. Et ce n’est peut-être qu’un début.

Laurent Dayona