Dans un article en date du 03 janvier 2022 paru dans le quotidien « Le Figaro » j’ai pu lire un article intéressant concernant le quotidien de la ville syrienne d’Alep après les 4 années de guerre civile qui ont ravagé la cité entre 2012 et 2016. Alors que les habitants doivent faire face au dénuement le plus total on y apprend que la Syrie est toujours sous le coup des sanctions économiques imposées par les États-Unis et l’Union européenne. Peut-on imaginer décision plus stupide, inique et criminelle ? Il serait temps pour l’Occident de comprendre, enfin, que les sanctions économiques ne servent à rien. Sauf à alimenter la haine des populations locales à l’encontre de notre civilisation. Initialement prises pour accélérer la chute du dictateur local, ces sanctions ont totalement échoué. Bachar al-Assad se porte comme un charme. En revanche, ces sanctions économiques contribuent aujourd’hui à empêcher l’amélioration de la situation pour les populations. Le journal français note que « La guerre par les armes a fait place à une guerre économique plus dramatique encore » car « 90 % de la population demeure sous le seuil de pauvreté. Les pénuries rythment la vie quotidienne » et que « les Syriens souffrent aujourd’hui de sanctions économiques émanant de l’Union européenne et des États-Unis, qui paralysent les importations, les projets de reconstruction et le système bancaire ». Enfin le journal rapporte que « Dans tout le pays, les hommes manquent à l’appel. Ils sont morts au combat, disparus – comme 100 000 Syriens -, ou bien ils ont quitté le pays pour tenter leur chance ailleurs (…) Les femmes sont en première ligne de cette drôle de paix qui ressemble plutôt à une prolongation sans limite de la guerre ». Passe encore que les États-Unis se complaisent dans cette punition collective et illimitée mais que diable l’Europe vient-elle se compromettre dans cette turpitude ? Cette politique aveugle va à l’encontre de ses intérêts. Bruxelles ne peut pas proclamer d’un côté qu’elle veut lutter contre l’immigration clandestine et déplorer le sort des migrants qui trouvent la mort en Méditerranée, et de l’autre maintenir un régime de sanctions économiques qui pousse la population syrienne à fuir son pays… vers l’Europe. Cela n’a aucun sens !

Laurent Dayona