Je parle beaucoup de la vague migratoire qui frappe l’Europe de l’Est. Avec raison car derrière les enjeux civilisationnels engendrés par ces mouvements massifs de population se cache également un affrontement géopolitique avec les manœuvres chinoises visant à déstabiliser les alliés européens des États-Unis (*). Mais cela ne doit pas faire oublier que l’Europe est toujours confrontée à d’autres vagues migratoires sur son flanc sud. Ces vagues migratoires qu’Emmanuel Macron persiste à ne pas voir.

La plus récente et sans doute la plus inquiétante est celle qui traverse actuellement l’Espagne pour aboutir en France. Depuis janvier 2021 environ 10.000 Algériens auraient débarqué dans la péninsule ibérique selon un document interne des autorités espagnoles consulté par l’AFP soit 20 % de plus qu’il y a un an. Un très grand nombre se dirigent ensuite vers la France. Actuellement la pression migratoire ne cesse d’augmenter à la frontière franco-espagnole au niveau du département des Pyrénées-Orientales. Ces départs ne sont nullement empêchés par les autorités algériennes qui laissent faire. Vu le profil des migrants, de très nombreux anciens prisonniers ont été identifiés parmi eux, on peut même imaginer que l’Algérie cherche à s’en débarrasser. Les principaux points de départ ont été identifiés et se situent dans les préfectures de Mostaganem, Oran ou Tlemcen. Mais en dépit de ces informations, la France laisse faire. Et pourtant nous disposons de moyens de pression extraordinaire. Juste un exemple. Savez-vous que l’Algérie importe annuellement 300 millions de tonnes de céréales françaises ? Si demain les autorités françaises menaçaient d’arrêter ses exportations ou à tout le moins les conditionnaient à des mesures énergiques des autorités algériennes pour endiguer les flux migratoires, je peux vous dire qu’Alger y réfléchirait à deux fois avant de nous exporter ses délinquants. Mais voilà, pour Macron il n’existe pas de vague migratoire. Donc on ne fait rien…

De l’autre côté de la Méditerranée, Recep Tayyip Erdogan, recommence son chantage migratoire en dépit des milliards d’euros versés par l’Union européenne. Ainsi ce week-end un bateau transportant 400 clandestins a accosté l’île de Kos en mer Égée. Le navire battait pavillon turc et les autorités turques n’ont rien fait pour empêcher son départ. Elles se sont même permises de faire la sourde oreille lorsque la Grèce a demandé à la Turquie de récupérer le bateau avec ses occupants. Voisine de la Grèce, la Bulgarie se trouve également confrontée à la mauvaise volonté de son puissant voisin avec lequel elle partage une frontière terrestre. Le 01er novembre le ministère bulgare de la défense a annoncé l’envoi de 350 militaires pour soutenir la police à sa frontière avec la Turquie où s’exerce une pression migratoire de plus en plus forte. Entre janvier et septembre le nombre des clandestins interpellés, environ 6.500, a triplé par rapport à la même période en 2020. Si on ajoute à cela que la pression migratoire en provenance du Maroc vers les Canaries et celle en provenance de Libye vers l’Italie ne faiblissent pas, c’est bien sur l’ensemble de ses frontières que l’Europe est aujourd’hui attaquée. Mais nos dirigeants européens préfèrent se réunir à Glasgow pour évoquer un péril lointain tout en snobant le péril immédiat. L’Europe va disparaître mais elle sera éco-responsable. Youpi…

Laurent Dayona

(*) https://europarabellum.com/2021/10/22/la-chine-est-elle-derriere-laccentuation-de-la-crise-migratoire-en-lituanie-et-en-pologne/

(* bis) https://europarabellum.com/2021/10/26/islamisme-et-chine-une-alliance-contre-leurope/