Regardez bien cette photo. Elle illustre l’humiliation infligée au président français, Emmanuel Macron, par le président américain, Joe Biden, devant les caméras du monde entier. Petit rappel, dans un précédent article (*) écrit à propos de la création de l’AUKUS qui fut à l’origine de la perte du contrat des sous-marins australiens voici ce que j’écrivais. « Pendant combien de temps allons-nous accepter de nous faire humilier sans réagir ? La réaction des autorités françaises dans le camouflet militaro-diplomatique des sous-marins australiens n’a pas été à la hauteur. Annulation d’une réception par notre ambassade à Washington, rappel de nos ambassadeurs aux Etats-Unis et en Australie, quelques déclarations tempétueuses de notre ministre des affaires étrangères et puis… rien. Il aura suffit d’un simple coup de fil du président américain, Joe Biden, pour qu’Emmanuel Macron décide du retour de notre ambassadeur à Washington cette semaine. Quelques vagues promesses échangées entre les deux présidents comme « lancer un processus de consultations approfondies » ou une « défense européenne plus forte et plus performante pour compléter le rôle de l’OTAN » et voilà Paris qui passe l’éponge sur la forfaiture américaine. Est-ce ainsi qu’une puissance qui a reçu sa plus grande humiliation diplomatique depuis des décennies doit réagir ? Imagine-t-on le général De Gaulle accepter une telle gifle sans prendre des représailles dignes de ce nom ? Pire encore, on a l’impression que ce qui vient de se passer ne donne matière à aucune réflexion stratégique ou géopolitique au sommet de l’État. La France donne l’impression de vouloir continuer comme avant. ».

J’ai démontré dans un autre article (**) comment la France s’est fait duper par les anglo-saxons et l’Allemagne. On voit comment les États-Unis ont orchestré la manœuvre pour endormir la méfiance des Français. Emmanuel Macron bien entendu sait tout cela. Cette scène avec Joe Biden n’est pas sans en rappeler une autre. Elle se passe le 15 juin dernier en présence du Premier ministre australien, Scott Morrison, dans la cour de l’Élysée. Emmanuel Macron, tout sourire, lançait face aux caméras à la suite de la rencontre : « Nous avons poursuivi également la mise en oeuvre du programme de 12 futurs sous-marins qui représentent un pilier de notre partenariat et de la relation de confiance entre nos deux pays ». Présent à ses côtés le Premier ministre australien s’était bien gardé de le démentir sur le sujet alors que deux jours auparavant au sommet du G7 son pays avait décidé en secret d’enterrer définitivement le contrat avec la France. Mais je dois avouer que cette scène avec Joe Biden est une humiliation ahurissante qui dépasse toutes les autres. Nous voyons le président américain, pardonnez-moi ma grossièreté mais elle résume la situation, se foutre littéralement de la gueule du président français. Il prend Emmanuel Macron pour un idiot devant les caméras du monde entier en prétendant qu’il « avait l’impression que la France savait depuis longtemps que l’accord n’allait pas pouvoir être tenu » alors que les États-Unis l’ont torpillé en manœuvrant en secret. Une impression au passage qui coûte 56 milliards d’euros à notre pays. Une broutille. Et Emmanuel Macron ne répond RIEN. Pire, il se laisse docilement prendre et tapoter la main comme un enfant.

A-t-on jamais vu Jupiter se prendre une fessée en direct ? Et bien avec Emmanuel Macron, le prétendu président jupitérien, vous avez eu droit à ce privilège. Tout ce qu’il a trouvé à dire est qu’il fallait regarder vers l’avenir. Toute honte bue il est rentré dans le rang. L’avenir parlons-en justement. Que le président français ne vienne plus jamais parler de politique européenne de défense autonome. Il a définitivement perdu toute crédibilité sur le sujet. Ce qui s’est passé hier Jean de La Fontaine l’avait parfaitement résumé dans sa fable « Le loup et le chien ». Cette fable animalière transposée à notre époque moderne est le reflet de deux notions géopolitiques que tout oppose. D’un côté l’impression d’un confort sécuritaire lié à la servitude imposée par l’OTAN et de l’autre une insécurité réelle mais liée à l’indépendance stratégique de l’Europe et donc à la liberté. Emmanuel Macron se rêvait en loup, il n’est qu’un toutou. À la niche !

Laurent Dayona

(*) https://europarabellum.com/2021/09/27/se-faire-humilier-sans-reagir-une-malediction-francaise-premiere-partie/

(**) https://europarabellum.com/2021/09/23/la-duplicite-de-lallemagne-ou-la-veritable-histoire-de-la-crise-des-sous-marins-australiens/