C’est la nouvelle tarte à la crème médiatique. Éric Zemmour mènerait la France à la guerre civile. Plus une journée ne se passe sans que vous ne puissiez entendre cet « argument » choc à la télévision ou le lire dans vos journaux. Argument fallacieux provenant d’une caste déboussolée devant le succès de l’intellectuel de droite ? Sans doute mais le risque existe bel et bien. Le succès de l’éditorialiste repose sur sa description assumée d’un réel trop longtemps refoulé par nos élites. Dans les années 60 et 70 il ne serait pas venue à l’idée d’un Français que 40 ans plus tard des milliers de mosquées et de centres culturels islamiques seraient construits sur son territoire, que le porc serait banni de nombreuses cantines scolaires, qu’un tribunal validerait un divorce pour « absence de virginité » de la mariée, que des manuels scolaires feraient l’impasse sur certaines oeuvres de la littérature française et certains personnages de l’histoire de France pour ne pas offenser les Français issus de la diversité (rapport Obin), que 30.000 familles polygames seraient recensées et nullement inquiétées, que des centaines de quartiers à travers le pays deviendraient des zones interdites aux représentants de l’Etat, que ces mêmes représentants de l’État (policiers, pompiers, professeurs etc… ) seraient la cible d’un djihâd quotidien qui ne dit pas son nom, que des horaires spécifiques pour les femmes seraient attribués dans certaines piscines, que le nombre des femmes voilées se déplaçant dans nos rues serait exponentiel année après année, que les rayons hallal (pour peu qu’à l’époque il sache seulement ce que cela voulait dire) se multiplieraient dans les hypermarchés, qu’un organisme installé par l’Etat préconiserait qu’on ne soit plus obligatoirement français pour devenir fonctionnaire, que la Marseillaise serait systématiquement sifflée par le public lorsque les bleus affronteraient des équipes nationales maghrébines, que des écoles coraniques verraient le jour, que plus de 260 français seraient massacrés dans l’hexagone en l’espace de 5 ans au cri de « Allah akbar », que des prêtres et leurs fidèles seraient égorgés dans leurs églises, que la tête d’un professeur roulerait sur le pavé pour avoir montré une caricature de Mahomet etc…, etc…, etc… Non il lui était impossible d’imaginer ce cauchemar. Et si vous lui aviez suggéré un tel scénario vous auriez surement été perçu comme un fou. Mais comment aurait-il pu comprendre que la folle décision de Valéry Giscard d’Estaing de passer d’une immigration de travail à une immigration de peuplement (pudiquement nommé le regroupement familial) allait provoquer un tel désastre ?

Faut-il pour autant s’en étonner ? NON. Assez d’hypocrisie. Tous ces exemples, qui sont loin d’être exhaustifs, ne sont que la conséquence directe de la folle politique d’immigration (majoritairement en provenance du monde islamique) pratiquée par la gauche et la droite. Ces hypocrites qui font mine de vouloir défendre aujourd’hui le droit des femmes, la laïcité et les valeurs républicaines sont les mêmes qui depuis quarante ans oeuvrent à ce que la France devienne sur un plan démographique de plus en plus islamique. Mais pensaient-ils vraiment que cela n’aurait aucune conséquence sur les arts, la culture, la science, la médecine, la justice et nos libertés fondamentales ? La France pouvait-elle devenir plus islamique sur un plan démographique sans le devenir au niveau politique, sociétal, culturel ou religieux ? Comme l’a très bien vu Alain Laurent dans son livre « La société ouverte et ses nouveaux ennemis » les islamistes utilisent nos valeurs démocratiques pour les retourner contre nous : « Ce qui est très important c’est que cette société ouverte est fondée sur des valeurs communes, un socle de normes fondatrices et universelles (liberté, entraide, recherche de la vérité, responsabilité intellectuelle, tolérance). Ce socle permet de s’ouvrir à des opinions et croyances différentes qui peuvent cohabiter ensemble sans nier le fondement commun. » Or ce qui est une force devient une faiblesse mortelle lorsque cette société ouverte se trouve confrontée à l’implantation d’un islamisme conquérant et à une immigration extra-occidentale de masse qui refuse pour une partie de s’assimiler. Un islamisme conquérant qui va pervertir nos valeurs de tolérance et d’ouverture, gràce à l’aide d’une idéologie prétendument « antiraciste », « sans-frontiériste » et acquise au relativisme multiculturel, pour imposer ses valeurs d’une société close et sectaire. Et c’est ainsi que pour rester fidèles à nos valeurs démocratiques de tolérance et d’ouverture nous nous ouvrons à des fascistes qui méprisent ces valeurs. Et de concession en concession s’installe en parallèle une société close qui, si rien n’est fait pour enrayer le processus, finira par s’imposer.

Reprenons notre français des années 60/70. Un Français mort en 1974 plus exactement. S’il revenait aujourd’hui il y a fort à parier qu’il éprouverait un choc terrible qui l’obligerait à réagir instinctivement, à provoquer chez lui un réflexe de survie. Ce même instinct, ce même réflexe que le matraquage de l’idéologie « antiraciste » nous empêchent de ressentir. C’est la fameuse théorie de la grenouille. Prenez une grenouille A et placez-là dans un verre d’eau. Portez progressivement l’eau à ébullition. Que va faire la grenouille ? Elle va s’adapter à la montée progressive de la température. Jusqu’au moment ou la température devenant trop forte elle succombera. Ses adaptations successives l’auront progressivement anesthésiée l’empêchant au final d’avoir le réflexe de survie nécessaire. Maintenant prenez une grenouille B. Plongez-là dans un verre d’eau dont la température est déjà très élevée. Que va t-il se passer ? La grenouille B qui ne sera pas passée par tous les stades d’adaptation de la précédente va avoir le réflexe de survie nécessaire pour bondir hors de l’eau. Et bien, cette petite allégorie est le reflet exact de ce qui s’est passé en France depuis quarante ans avec l’islam. Nous avons été de concession en concession et cela les islamistes l’ont très bien compris. A chaque fois ils ont poussé un peu plus loin leur avantage en sachant qu’à chaque fois ils pouvaient compter sur une présence démographique islamique de plus en plus importante dans le pays pour justifier leurs exigeances sans cesse croissantes. Et à chaque fois nous reculons, nous nous adaptons, en justifiant ces reculs par le nécessaire respect de nos valeurs de tolérance et d’ouverture. Notre fameuse société ouverte. Jusqu’au jour ou il n’y aura plus rien à concéder. Jusqu’au jour ou le nombre jouera en leur faveur. Viendra alors l’heure de la société close.

Car la démocratie peut s’apparenter à du luxe. Il suffit de regarder une carte du monde pour constater que les démocraties qui ne se définissent pas uniquement par des élections libres mais par un ensemble de critères rigoureux, à l’image de celles qui existent en Europe, sont finalement assez rares. Et c’est encore plus vrai dans le monde arabo-musulman. Selon une enquête sur les libertés individuelles et la démocratie dans le monde réalisée en 2005 par la Freedom House, sur les quarante-six nations à majorité musulmane, trois seulement étaient libres. Sur les seize pays où les musulmans représentaient entre 20 et 50 % de la population, trois seulement étaient classés comme libres : le Bénin, la Serbie-Monténégro et le Surinam. Nos démocraties européennes sont donc une exception et certainement pas la norme comme nous sommes trop souvent portés à le croire. Une exception fragile puisque ce luxe démocratique ne peut prospérer que durant des périodes d’expansion et/ou des périodes pacifique et qu’il nécessite également un concensus de la société qui l’abrite pour pouvoir s’épanouir. La démocratie ne peut-être en aucune manière la cause d’un processus vertueux mais simplement sa conséquence. Une forme de récompense pour les peuples dans un espace civilisationnel donné. C’est notre héritage culturel, historique, philosophique et spirituel qui a permis la naissance de nos démocraties modernes et a fait ce que nous sommes : des Européens libres. Nos démocraties modernes sont l’aboutissement d’une très longue maturation. Quel sera alors le destin de notre démocratie qui abrite déjà plusieurs millions de musulmans ? Voilà la seule question qui mérite d’être posée. Mais de cela il n’était jamais question dans nos médias. Car pour y répondre il aurait fallu réviser nos croyances utopiques sur les sociétés multiculturelles, sur la prétendue modération de l’islam, sur le relativisme culturel, sur les conséquences de la politique immigrationniste, sur le mensonge du prétendu « miracle » démographique français etc, etc… Puis Éric Zemmour est arrivé. Sans son cheval et son grand chapeau mais avec sa lucidité, son franc parler et une bonne dose de courage. Et tout a changé. De nombreux Français se sont repris à reprendre espoir.

Et il est peut-être là le danger. Éric Zemmour a su réveiller la conscience identitaire des Français alors que depuis quarante ans nos élites se sont appliquées à l’étouffer. Tout au long de ces années elles ont préféré stigmatiser tout un peuple plutôt que de se remettre en question et d’entendre l’exaspération d’une population qui refusait l’islamisation progressive de son territoire. Et quel meilleur moyen d’étouffer la révolte d’un peuple que de le plonger dans la résignation ? Nos élites se sont évertuées à lui faire comprendre qu’il n’y avait aucune solution. Le peuple vote à gauche ? L’immigration progresse. Le peuple vote à droite ? L’immigration progresse. Le peuple vote au centre ? L’immigration progresse. Le peuple vote à l’extrême droite ? La peur, la culpabilisation, la médiocrité de sa candidate et un matraquage médiatique, intellectuel et politique permettaient régulièrement d’annihiler cette hypothèse. Bref, comme l’avait déclaré Jean-Louis Borloo pour s’en réjouir : « Il faut bien que les Français aient tous en tête une chose : l’avenir du pays se joue dans les banlieues, parce que le taux de natalité de ces quartiers est deux fois plus élevé que sur le reste du territoire national ». L’islamisation, le métissage et la fumeuse théorie du « vivre ensemble » étaient devenus l’horizon indépassable de notre pays. Mais désormais une grande partie des Français ont repris espoir dans la démocratie et la politique. La victoire, enfin, semble à portée de main. Le funeste destin promis au pays pourrais éventuellement être évité. Cela devrait faire réfléchir nos élites. Si risque de guerre civile il y a il se trouve ici. Lorsque les Français votent pour le Front National ou lorsqu’ils se déplaceront en masse demain pour Éric Zemmour ils s’inscrivent toujours et encore dans le jeu démocratique. Il s’agit d’une insurrection démocratique, pacifique, républicaine. Mais beaucoup parmi eux pensent, à tort ou à raison, que l’élection présidentielle de 2022 est l’ultime chance de changer le cours de l’histoire. Qu’ils perdent cette bataille et le désespoir risque fort de remplacer la résignation. Pour beaucoup la preuve aura été faite qu’il n’existe aucune solution démocratique. Dès lors des « solutions » plus radicales pourraient dangereusement germer dans leurs têtes. Éric Zemmour a coutume de dire que l’histoire est tragique. Sa défaite pourrait lui donner raison. On ne redonne pas impunément espoir à tout un peuple. Sa responsabilité est donc immense. La défaite lui est quasiment interdite.

Laurent Dayona