Si l’alliance militaire signée avec la France est une bonne nouvelle pour la sécurité de la Grèce, aucune alliance aussi forte soit-elle ne pourra remplacer ce qui doit constituer la base pérenne d’une nation : une démographie capable d’assurer le renouvèlement des générations. Or la population grecque ne cesse de décroître et de vieillir depuis dix ans. Selon le quotidien grec Ta Nea « Durant la période du 1er janvier 2011 au 1er janvier 2020, la population du pays a diminué de 3,7 % (405.000 personnes) ». En 2021, la population de la Grèce était de 10 682 547 personnes avec un recul supplémentaire de 36.018 personnes par rapport à 2020. Sur les 52 préfectures du pays toutes ont été affectées par la diminution de leur population. À l’exception de quatre d’entre elles qui selon Ta Nea « connaissent une hausse importante de leur population (l’archipel du Dodécanèse, Chios, Lesbos, Samos) ». Or, cela ne s’invente pas, ces régions hébergent les camps où vivent les clandestins qui débarquent en Grèce et qui ont une natalité supérieure à celle des locaux. Si la tendance ne s’inverse pas, d’ici 2100 la population de la Grèce sera d’environ 8 millions de personnes. Soit une diminution de près de 2 500 000 individus. Ce déclin démographique inexorable est une véritable faiblesse face aux menaces provenant d’une Turquie qui n’hésite pas à revendiquer des territoires grecs de moins en moins peuplé. Comparativement la population turque est passée de 56 millions en 1960 à 83 millions aujourd’hui. Et à cette différence en nombre vient s’ajouter un déséquilibre en vitalité. Selon les projections, d’ici 2050, les plus de 65 ans représenteront plus de 32 % de la population grecque. En comparaison les plus de 65 ans ne représentent que 9 % de la population turque en 2020. Un vieil adage prétend que la terre appartient à celui qui l’occupe. Le peuple grec ferait bien de le méditer…

Laurent Dayona