Le 06 octobre leTribunal constitutionnel de Pologne s’est prononcé contre la primauté du droit communautaire européen sur le droit polonais en affirmant que certains articles du traité de l’Union européenne étaient « incompatibles » avec la Constitution polonaise. Cette décision qui a fait l’effet d’un coup de tonnerre provoque depuis 48 heures des réactions d’indignation un peu partout en Europe. Les condamnations pleuvent ainsi que les menaces. La principale prête à sourire. Un Polexit imposé par l’Union européenne planerait sur le gouvernement de Varsovie. La bonne blague. Il s’agit d’un énorme bobard repris par tous nos médias. Il n’y aura pas de Polexit. Et cela pour trois raisons. La première c’est que le gouvernement polonais n’en veut pas et que le peuple polonais dans sa grande majorité n’en veut pas. La seconde c’est que, même si Bruxelles en avait véritablement la volonté, elle n’a pas les moyens de ses ambitions. Un Polexit survenant après le Brexit constituerait un danger existentiel pour l’Union européenne aux répercussions incalculables. Enfin, et surtout, pour que l’Union européenne puisse exclure la Pologne encore faudrait-elle qu’elle puisse agir en toute indépendance. Pensez-vous que les États-Unis, dont la Pologne est l’un des principaux allié sur le continent et au sein de l’OTAN, donneront leur aval à une telle option ? Nous connaissons tous la réponse. Dans ces conditions exit le Polexit.

Je me marre quand j’écoute Clément Beaune, Secrétaire d’État chargé des Affaires européennes de la France, affirmer que la décision polonaise est « gravissime » car « c’est le risque d’une sortie de facto » de l’Union européenne. Chapeau l’artiste. Voilà un beau numéro. En vérité la raison de cette colère est ailleurs. Le gouvernement polonais rend fou nos mondialistes qui se déguisent en européistes. Ce n’est pas tant sa réforme judiciaire, ou même la récente décision du Tribunal constitutionnel polonais, qui agace la Commission de Bruxelles que la volonté du gouvernement polonais de ne pas se conformer à la politique migratoire laxiste de l’Union européenne. C’est parce qu’elle est jugée déviante idéologiquement sur ce sujet que Varsovie, tout comme Budapest, est la cible de Bruxelles. Il faut à tout prix contraindre ces deux pays à rentrer dans le rang. Et pour cela tous les coups sont permis. À commencer par une propagande constante et qui peut atteindre des sommets dans l’ignominie comme on a pu le voir avec le journal « Le Monde » et l’hebdomadaire « Le Point » qui n’ont pas hésité à illustrer leurs articles dénonçant la décision du Tribunal constitutionnel polonais avec cette affiche immonde.

Que va-t-il se passer ? Dans sa guerre contre le gouvernement polonais à propos de ses réformes judiciaires, les mondialistes de Bruxelles avaient déjà, depuis cet été, décidé de ne pas verser à la Pologne les 23 milliards d’euros de subventions et les 34 milliards d’euros de prêts bon marché alloués dans le cadre du plan de reprise européen post-covid. Il va de soi que la décision du Tribunal Constitutionnel polonais vient à point. Elle leur permettra de justifier plus facilement ce chantage inique. En attendant, sur la frontière polono-biélorusse la pression migratoire ne faiblit pas. Varsovie vient d’envoyer 600 gardes-frontières en renfort sur sa frontière, soit un total de 3.000 hommes, ainsi que des hélicoptères militaires pour la surveiller. Et hier on apprenait que des gardes-frontières polonais en patrouille avaient été pris pour cible par des gardes-frontières biélorusses. L’escalade se poursuit mais dans la l’indifférence totale de Bruxelles. Totale ? Pas tout à fait. Bruxelles souhaite envoyer l’agence frontex à la frontière polono-biélorusse car elle s’émeut du sort… des migrants refoulés par la Pologne.

Laurent Dayona