Ce matin le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a annoncé qu’Emmanuel Macron avait décidé de réduire de moitié le nombre de visas délivrés aux ressortissants algériens et marocains et de 30% pour les Tunisiens, en prenant 2020 comme année de référence. Et ceci afin de contraindre les autorités de ces pays à reprendre sur leurs territoires leurs citoyens condamnés en France et qui font l’objet d’une mesure d’expulsion. Alléluia ! Emmanuel Macron vient subitement de retrouver lucidité et courage. Ce qui était impossible la veille lorsque Zemmour le proposait est devenu possible aujourd’hui. Une petite pensée pour Alain Minc, l’homme qui murmure à l’oreille du président, et qui hier soir encore faisant la leçon à Éric Zemmour sur LCI, se croyait intelligent en lui demandant, alors que le presque candidat proposait d’expulser les délinquants étrangers « Mais vers où ? ». Et à la réponse d’Éric Zemmour répondant « Vers leur pays d’origine (…) en faisant pression sur leur gouvernement » de lui rétorquer « Vous ne pouvez pas, vous ne pouvez pas ». Et bien si on peut monsieur Alain Minc. On peut.

Le paralytique Macron a subitement retrouvé l’usage de ses jambes (à savoir sa volonté d’agir) à la vue des sondages qui se succèdent et qui démontrent qu’un tsunami nommé Zemmour pourrait bien se révéler un véritable danger pour sa réélection en venant détruire son plan bien huilé qui consistait à se retrouver face à Marine Le Pen au second tour. Mais au-delà de l’ironie et des sourires que ne manquera pas de provoquer cette décision pour le moins surprenante, cela interroge sur la moralité de nos dirigeants. Emmanuel Macron vient de prouver à la France qu’Eric Zemmour a raison. Ce n’est pas que nos politiques ne peuvent pas lutter contre la vague migratoire, c’est qu’ils ne le veulent pas ! Ils ne se préoccupent de l’intérêt national uniquement si celui-ci peut rejoindre leur intérêt électoral. C’est exactement ce qui vient de se passer. Les Français seront-ils dupes ? Emmanuel Macron a cru malin de faire cette concession à l’opinion publique. Mais à se croire plus intelligent qu’il n’est, à l’image de son confident Alain Minc, le président français ferait bien de se méfier. Aujourd’hui, c’est Éric Zemmour qui murmure à l’oreille des Français.

Laurent Dayona