La visite de trois jours du Président de la République à Marseille n’est rien de moins qu’une tartufferie qui symbolise à merveille l’époque dans laquelle nous vivons. Ainsi, après 4 ans au pouvoir, Emmanuel Macron se rend soudainement compte qu’il y a un problème dans la cité phocéenne. Mieux vaut tard que jamais n’est-ce pas ? Et le voici qui décide de descendre dans le sud avec tout un aréopage de ministres, de hauts fonctionnaires et d’experts. Emmanuel Macron tendra l’oreille pour écouter les doléances, distribuera l’argent censé apaiser les maux et les angoisses de la même manière que le roi de France était censé guérir les écrouelles par l’imposition des mains. Jean-Luc Mélenchon n’a pas tort lorsqu’il souligne que ce déplacement a « quelque chose d’insupportablement monarchique ». Et on pourrait ajouter d’affreusement ridicule. Ridicule, l’affirmation d’un conseiller du président l’est assurément. Celui-ci, pour commenter la visite d’Emmanuel Macron dans la cité de Bassens, affirme sans honte « Il n’y a aucun territoire interdit pour la République. Il avait une vraie volonté de montrer ça et de commencer son déplacement par une rencontre avec les élus puis les habitants, pour parler des sujets du quotidien ». J’invite ce conseiller à revenir dans cette cité dans quelques jours. Seul, et sans son escorte de robocops armés jusqu’aux dents. Il pourra constater les limites de l’autorité de sa chère république dans des territoires interdits de plus en plus nombreux et de plus en plus élargis. La visite du président est un exemple parfait de la politique de l’autruche qui guide l’action de nos « élites ». Emmanuel Macron fait semblant de croire qu’il va impulser des décisions. Les élus locaux font semblant de croire que cela va marcher et déclarent la main sur le cœur que désormais ils se montreront à la hauteur de la situation. Et tout cela sans jamais évoquer le principal problème à l’origine d’une grande partie des difficultés qui minent la cité méditerranéenne : l’immigration incontrôlée depuis des décennies. Chapeau les artistes. Quant aux habitants si il y en a encore qui feront semblant de croire aux énièmes promesses des autorités, la plupart savent désormais que la véritable autorité, celle à laquelle ils doivent prêter allégeance quotidiennement, ne s’exprime pas devant les caméras. Lorsque ces dernières s’éteindront tout redeviendra comme avant. En pire. Comme d’habitude. Bienvenu en tartufferie.

Laurent Dayona