Quelle prétention de croire que l’on puisse imposer en 20 ans, par la force, un concept aussi complexe que celui de la démocratie dans un pays comme l’Afghanistan. Une société régit depuis des siècles par des mœurs et une religion archaïques. Mettez-vous une minute dans la peau d’un paysan afghan. Pas dans celle d’un taliban, simplement dans celle d’un Afghan lambda. Du jour au lendemain des étrangers lui disent qu’il va vivre désormais en démocratie. Un mot et un concept dont il ignore tout. La démocratie kézako ? Face à son incrédulité on lui explique que la démocratie va permettre à sa femme d’ôter sa burka, qu’elle pourra travailler, qu’elle pourra voter, que ses filles pourront étudier, que les châtiments corporels à leur encontre sont interdits etc…, etc… Mais notre paysan afghan il s’en moque de tout ça. Il n’en veut pas. Bon là il n’a pas vraiment le choix car les GI’s sont présents pour faire respecter le nouveau régime. Mais dès qu’ils partent, dès que la force n’est plus présente pour imposer la démocratie se produit ce qui doit se produire. Un retour aux fondamentaux. Surtout dans un pays où selon une enquête du Pew Research Center en 2013 (*) 99 % des musulmans afghans (oui vous avez bien lu, ce n’est pas une coquille) sont en faveur de l’application de la charia dans leur pays et 85 % sont favorables à ce que les femmes qui commettent un adultère soient lapidées. Voilà qui devrait faire réfléchir quelque peu les naïfs et surtout les naïves qui veulent ouvrir grandes les frontières de l’Europe pour accueillir la vague de migrants afghans (mélange de quelques démocrates sincères perdus parmi des milliers d’opportunistes) qui se prépare.

Laurent Dayona

(*) https://www.pewforum.org/2013/04/30/the-worlds-muslims-religion-politics-society-beliefs-about-sharia/