L’accord signé par Angela Merkel avec Joe Biden à la Maison Blanche le 21 juillet concernant le gazoduc Nord Stream 2 comporte forcément des contreparties. Il se murmure que l’une de ces compensations porterait sur le projet des États-Unis d’alliance des démocraties face à la Chine. Cette ambition américaine qui consiste à rassembler les démocraties de la zone indo-Pacifique auxquelles viendrait s’ajouter celles d’Europe s’inscrit dans l’agenda de l’Oncle Sam qui consiste à opposer à l’expansionnisme maritime chinois une OTAN de l’Est sur le modèle de la guerre froide contre l’Union soviétique.

Je ne pense pas qu’il soit bon pour les Européens de s’investir dans ce projet. Que cela soit dans le Pacifique ou en Europe les intérêts des États-Unis ne coïncident pas avec ceux des Européens. Appartenir à une telle alliance reviendrait à nous laisser entraîner dans un potentiel conflit où nos intérêts vitaux ne seraient pas nécessairement concernés. Si l’Europe veut s’opposer à la Chine et à son impérialisme le meilleur moyen de lui porter un coup serait de faire un geste envers la Russie en lui laissant entrevoir la possibilité d’un rapprochement diplomatique et stratégique qui détournerait Moscou de la Chine. Voilà qui ferait davantage enrager Pékin que l’embrigadement européen sous drapeau américain.

Laurent Dayona