Qu’avez-vous pensé de votre printemps en France ? Et l’été ? Les deux se résument par un seul mot : pourri. Il y a quelques années encore une telle configuration aurait fait la Une des médias. Nous aurions eu droit au défilé des météorologues ou des climatologues pour nous expliquer les raisons qui nous valaient une belle saison frisquette et humide. Mais là rien de tout cela. La discrétion est de mise. Et pour cause. La situation actuelle ne cadre pas du tout avec la ligne éditoriale du catastrophisme adoptée par la plupart des médias français depuis près de 20 ans. Comment expliquer au Français ce printemps et cet été frisquets alors qu’on ne cesse de leur prédire des périodes estivales de plus en plus chaudes ? D’ailleurs, « Le Parisien » n’avait-il pas titré sur sa Une du 02 mai 2021 que l’été serait très chaud ? (Photo) Et ce n’est pas la première fois puisqu’en 2019 et 2020 nous avions eu droit à la même Une de la part de ce quotidien. Preuve que cela est devenu pour certains journaux un véritable marronnier.

Mais qu’à cela ne tienne. Nos prophètes de l’apocalypse ont plus d’un tour dans leur sac. Le moindre événement météorologique planétaire un tant soit peu sensationnel est mis en exergue par la quasi totalité de nos médias. Il ne se passe pas un jour sans que nous sachions qu’une sécheresse a lieu ici (USA) ou des inondations ailleurs (Allemagne, Belgique, Chine). Sol (Dieu romain de la chaleur), Eole (Maître grec du vent) ou Tlaloc (Dieu aztèque de la pluie, de la foudre et des séismes) sont devenus les meilleurs amis des salles de rédaction. D’ailleurs on en vient à se demander de quoi pourraient parler certains journaux si ils ne parlaient pas de la météo. À part peut-être le covid…. Si le Français se pèle dans l’hexagone il est prié de ne pas oublier que le réchauffement climatique est toujours de mise ailleurs. Pourtant, tous les événements météorologiques exceptionnels ne bénéficient pas de la même attention médiatique. Avez-vous entendu parler du froid précoce qui s’est abattu sur l’Amérique du Sud à cause d’une remontée d’air froid ? J’en doute. Le ministère de la vérité officielle veille. CQFD.

Et peu importe si ce ministère fait preuve d’une incohérence et d’une mauvaise foi rarement atteinte. Ainsi, et je suis sûr que vous l’avez déjà expérimenté parmi votre entourage, lorsqu’un climato-sceptique ose formuler une objection en s’appuyant sur un évènement météorologique pour contester la thèse du réchauffement climatique il est immédiatement rabroué sur les réseaux par l’argument suivant : « Il ne faut pas confondre la météo avec le climat ». Le climat étant l’étude de l’atmosphère à moyen et long terme alors que la météorologie s’intéresse au court terme avec des prévisions sur quelques jours. Soit. Pourquoi pas. Pourtant, c’est exactement ce que font les adversaires des climato-sceptiques. Et vous en avez la preuve tous les jours. Tous ces événements météorologiques exceptionnelles rapportés par nos médias ne sont que de la météo sans que l’on sache avec certitude si ils peuvent être considérés comme des preuves d’un réchauffement climatique. C’est pourtant ce qu’ils font systématiquement. Mais là, c’est permis.

Mais le plus amusant c’est ce que j’appelle la martingale climatique (*). À tous les coups ils gagnent. Un hiver trop doux ou un automne sec ? Le bouleversement climatique ma bonne dame. Un printemps et un été caniculaire ? Le réchauffement climatique mon bon monsieur. Là encore pourquoi pas. Mais le plus étrange c’est que les mêmes vous diront…. un hiver rigoureux en 2021 ? C’est une preuve indubitable du réchauffement de la stratosphère provoquant la descente du vortex polaire sur l’Europe (véridique je vous assure). Un été frisquet en Europe ? C’est à cause du dôme de chaleur sur l’Ouest des Etats-Unis et du Canada. Bref, aujourd’hui tout phénomène météorologique un tant soi peu exceptionnel n’a qu’une seule cause : le réchauffement (changement ou bouleversement étant des variantes) climatique. Mais cela doit-il nous étonner ? À la question de savoir si le réchauffement climatique était à l’origine du dôme de chaleur qui a touché la côte ouest du continent nord-américain voici ce qu’a répondu Frederiksen Otto de l’université d’Oxford : « Il n’y a aucun doute, le changement climatique a joué un rôle majeur« . Je pourrai lui répondre qu’une grande partie de la communauté scientifique s’interroge encore à ce sujet. Mais le plus inquiétant c’est que le doute doit animer tout scientifique car celui qui ne doute pas c’est un fanatique.

Laurent Dayona

(*) Quelle meilleure illustration que la photo de la Une du Parisien ? Elle nous annonce des pluies…. rares cet été en France et en Europe comme preuves des anomalies saisonnières à venir. Pourtant, vous avez pu lire entre le 16 et le 18 juillet, dans le même journal, que les inondations en Allemagne et en Belgique sont des preuves…. du réchauffement climatique. Qu’il pleuve ou qu’il pleuve pas ce n’est pas grave, de toute façon c’est le réchauffement climatique !