Le énième regain de violence au Proche-Orient entre Israéliens et Palestiniens apporte quelques enseignements intéressants pour les Européens.

La première leçon est que l’impuissance de l’Europe est manifeste. Aucune des deux parties du conflit n’accordent le moindre interêt à ce que peuvent dire les différentes nations européennes ou l’Union européenne. Entendre Bruxelles appeler sans cesse à la fin des violences alors que tout le monde se moque de ce que peuvent dire les fonctionnaires européens est à la fois grotesque et pathétique. Si tel est le cas c’est  bien parce que Palestiniens et Israéliens savent pertinemment que les Européens n’ont aucune autonomie en politique étrangère et qu’ils ne sont qu’une annexe de Washington. Comme le dit l’adage populaire « il vaut mieux s’adresser au Bon Dieu qu’à ses saints ». Tant que les Européens persisteront à ne pas avoir de politique étrangère autonome, ils seront traités à juste titre pour ce qu’ils sont : des laquais.

La deuxième leçon de ce conflit est la confirmation que la politique migratoire des États européens est mortifère. En acceptant la venue sur son sol de millions de migrants, l’Europe importe sur son sol les conflits ethniques ou religieux d’où ces migrants sont originaires. Si on excepte les islamo-gauchistes qui se sont ralliés depuis longtemps aux revendications des islamistes, il suffit d’observer les manifestants qui défilent en faveur de la Palestine dans les rues des grandes villes européennes pour constater que la très grande majorité d’entre eux ne descend pas des populations de souche des pays respectifs. L’importation de ces conflits sur notre sol est proprement inadmissible d’autant plus qu’elle donne lieu quasi systématiquement à des violences contre les policiers et à des émeutes durant lesquelles le pillage et les dégradations sont la règle.

La troisième leçon est la conséquence de la deuxième. Israël a connu durant dix jours de violentes émeutes au sein même de son territoire. Ce qui est une nouveauté inquiétante pour l’État hébreu. Le « vivre ensemble » local déjà moribond a littéralement explosé. Les affrontements entre civils juifs et arabes israéliens ont pris une ampleur inégalée poussant le président israélien, Reuven Rivlin, pourtant réputé pour sa modération, à dénoncer un « pogrom impardonnable » dans la ville de Lod « de la part d’une foule arabe assoiffée de sang ». Ces affrontements ont causé des morts et des blessés de part et d’autre et plusieurs synagogues ont été incendiées ainsi qu’un cimetière musulman. Ces événements feraient bien d’inquiéter les Européens. Car cette guerre civile n’est pas sans rappeler la prédiction de l’ancien ministre français de l’Intérieur Gérard Collomb qui lors de son départ avait prévenu ses compatriotes : « Aujourd’hui, on vit côte à côte, je crains que demain on puisse vivre face-à-face ».

La quatrième leçon est que l’Europe ne doit pas s’aventurer dans le conflit israélo-palestinien. De nombreux intellectuels juifs francophones ont déploré que l’Europe ne prenne pas ouvertement partie pour Israël sous prétexte que cette dernière est une démocratie. Et alors ? Faut-il rappeler à ces intellectuels que cette démocratie est en partie responsable de la victoire des troupes azerbaïdjanaises à l’automne dernier face à l’Arménie ? Les exportations de nombreux drones kamikazes israéliens livrés par l’État hébreu à Bakou ont infligé d’énormes dégâts à l’armée arménienne. C’est près de 250 drones que l’Azerbaïdjan aurait acheté ces dernières années auprès des firmes israéliennes Aeronautics, Elbit Systems et IAI. L’Arménie qui ne possédait pas de telles armes destructrices n’a jamais été en capacité d’apporter une réponse appropriée. Où étaient ces intellectuels juifs francophones à ce moment là ? Aux abonnés absents. La politique étrangère européenne se doit d’être imperméable à tous les groupes d’influence et ne se concevoir qu’en fonction de la défense de ses propres intérêts. Comme le fait si bien…. Israël.

Laurent Dayona