La municipalité de Strasbourg, dirigée par une majorité écologiste, a décidé en mars 2020 d’accorder une subvention publique de 2,5 millions d’euros à l’association islamiste turque Millî Görüs pour la construction de la mosquée Eyyub Sultan (1) qui est présentée comme devant être la plus grande mosquée d’Europe une fois achevée. Il est stupéfiant qu’un tel vote puisse avoir eu lieu lorsqu’on sait à quel point la France a été frappée par la violence islamiste depuis les attentats de Charlie Hebdo en janvier 2015. Encore plus stupéfiant lorsqu’on se souvient que la ville de Strasbourg elle même a été frappée en plein cœur par cette vague terroriste en décembre 2018 à l’occasion de son marché de Noël (5 morts, 11 blessés). Mais ce n’est pas le pire.

Devant la multiplication des critiques qui a suivi ce vote, la maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian, et l’ensemble de son équipe municipale ont adopté une ligne de défense pour le moins troublante pour ne pas dire indécente. Pour justifier ce vote inique et en réponse aux accusations du gouvernement de financer une association islamiste dangereuse, nos pieds nickelés de la municipalité de Strasbourg ont osé rétorquer que…. personne, à commencer par le gouvernement, n’avait jugé utile « d’alerter la maire du danger que représenterait l’association qui portait le projet ». Le Premier adjoint de la ville, Syamak Agha Babaei, poussant même le culot jusqu’à affirmer qu’il n’avait eu « aucun élément concret » sur un éventuel danger. Pardon ? Est-ce bien sérieux ?

Voilà ainsi une équipe municipale qui, dans le contexte particulier que j’ai rappelé plus haut, accorde une subvention majeure pour la construction de la plus grande mosquée d’Europe et qui ose affirmer qu’elle ignorait tout de la nature de l’association qui portait ce projet !!! Association qui venait pourtant de se « distinguer » en refusant de signer la Charte des principes pour l’Islam de France qui vise à réaffirmer la compatibilité de l’islam avec les lois et les principes de la République. Voilà, au minimum, un événement qui aurait dû interpeller nos élus. Mais non. Nous avons ici soit des menteurs cyniques soit des amateurs dangereux. Je penche pour la seconde solution. N’oublions pas que cette « majorité » municipale ne doit sa présence à la mairie que par l’abstention massive des Strasbourgeois (63,34% au second tour) résultant de la peur face à la pandémie de la Covid 19. Les loups ne sont pas entrés dans la ville mais des dilettantes incultes sans aucun doute. 

Alors, pour information, celle-ci demandant quelques minutes de recherche pour une personne s’intéressant préalablement au sujet, ce qui pour un élu strasbourgeois digne de ce nom et vu l’importance du sujet et des sommes engagées aurait dû être la moindre des choses, voici ce qu’est l’association Millî Görüs : « Le Millî Görüs est la maison-mère de tous les partis islamistes turcs depuis des décennies (…) Son idéologie est marquée par un fort antisémitisme fustigeant régulièrement le « lobby juif » ou « l’alignement de l’Allemagne » sur la politique pro-israélienne des Etats-Unis. Assimilant la société « infidèle » à la pédophilie et la pornographie, le Milli Görüs prône le repli communautaire et condamne tout processus d’intégration à la société européenne « impie », tout en voulant apparaître auprès des autorités comme un pôle islamique « modéré ». Comme les Frères-musulmans, son objectif majeur en France comme en Europe est de « réislamiser/désassimiler » les musulmans, c’est-à-dire empêcher leur assimilation à la communauté nationale (…) Son idéologie panislamiste est : “ l’islam est la Charià et la charià est l’islam ”. » (2) 

Ainsi, par paresse intellectuelle, par un dilettantisme inadmissible lorsqu’on dirige la capitale européenne, le principe d’une subvention publique de 2,5 millions d’euros a été votée en faveur de la construction d’une mosquée destinée à être entre les mains d’une association islamiste prônant l’islam le plus radical qui soit. Que penserait de tout cela l’arrière-grand-père de la maire de Strasbourg, Sarkis Barseghian, arrêté le 24 avril 1915 lors de la rafle des intellectuels arméniens de Constantinople marquant le début du génocide arménien et durant lequel il sera déporté puis tué ? (3)

Laurent Dayona

(1) Notons que cette mosquée doit son nom à l’un des compagnons de Mahomet, Abu Ayyub al-Ansari, appelé par les turcs Eyüp Sultan, et qui sera tué lors du premier siège de Constantinople entre 674 et 678. On peut s’interroger sur cette volonté de donner le nom d’un conquérant à une mosquée dans un pays étranger. Imaginons le tollé que susciterait la construction d’une église en terre d’Islam portant le nom d’un croisé, de Charles Martel ou encore de Juan d’Autriche.

(2)Alexandre Del Valle in Valeurs Actuelles https://www.valeursactuelles.com/clubvaleurs/monde/alexandre-del-valle-le-pouvoir-turc-mise-sur-la-mauvaise-conscience-occidentale/

(3) En dépit des très nombreux appels demandant à la maire de Strasbourg de retirer la délibération controversée sur le principe d’une subvention municipale de 2,5 millions pour la construction de cette mosquée sous influence, et bien que la maire ne puisse plus se réfugier derrière une méconnaissance sur la véritable nature de l’association Millî Görüs, Jeanne Barseghian persiste envers et contre tout illustrant parfaitement la citation de Sénèque : Errare humanum est, perseverare diabolicum.