Si il y avait encore un doute chez mes lecteurs de la nécessité d’une Europe identitaire unie il suffit d’observer ce qui s’est passé ces derniers jours. Les trois principales puissances de l’Europe occidentale ont démontré à tour de rôle qu’elles étaient devenues nuisibles pour notre civilisation. L’Allemagne tout d’abord. Le ministre de la défense grec, Nikos Panagiotopoulos, s’est vu opposé une fin de non recevoir de la part de son homologue allemande, Annegret Kramp-Karrenbauer. Celle-ci a en effet refusé que l’Allemagne annule la vente prévue à la Turquie de…. six sous-marins. Ces derniers appartiennent à la même classe que ceux qu’Athènes avait acheté à Berlin ce qui va priver la Grèce d’un avantage stratégique sur la Turquie. Cette décision honteuse survient de surcroît après toutes les provocations et les menaces d’Erdogan ces derniers mois contre la Grèce et Chypre. Comment dit-on trahison en allemand ?

Malheureusement l’indignité n’est pas une exclusivité germaine. La perfide Albion n’est pas en reste dans ce domaine. Ainsi, d’après le site Middle East Eye, qui cite plusieurs sources proches du dossier et dont les informations ont été reprises par le quotidien pro-gouvernemental turc « Daily Sabah », le gouvernement britannique aurait donné son accord à Ankara pour lui fournir un soutien technique pour la construction d’un…. porte-avion. De mieux en mieux. Est-il besoin de préciser que la Grèce ou Chypre sont dépourvus d’un tel instrument de puissance ? Comment une puissance européenne digne de ce nom peut-elle envisager de contribuer à ce que l’ennemi héréditaire de notre civilisation détienne une telle arme ? Comment dit-on trahison en anglais ?

Heureusement il y a la France. Paris n’a t’elle pas assuré la Grèce de son soutien ? Certes, mais la France a tour de même trouvé le moyen d’apporter sa pierre à l’avilissement général. Par l’intermédiaire de son secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, Clément Beaune, la France s’est déclarée favorable à l’abandon par l’Allemagne du projet de gazoduc devant la relier à la Russie. Et tout cela sous le prétexte de l’affaire Navalny. Cette soumission à ses intérêts, au détriment de ceux des Européens, a du ravir Washington. Mais en dépit de la demande française, l’Allemagne a expliqué ne pas souhaiter renoncer à la poursuite du projet de gazoduc Nord Stream 2 : «Le gouvernement fédéral n’a pas modifié sa position de base» a expliqué la porte-parole du gouvernement allemand. Au moins nous savons tous comment se dit trahison en français.

Laurent Dayona