Les derniers soubresauts politiques à Bamako, capitale du Mali, prouvent une nouvelle fois que l’intervention française aura été inutile, longue et coûteuse. Inutile car la présence des troupes françaises au Mali ne protège ni la France, ni l’Europe des attaques terroristes islamistes. Longue car cela va faire maintenant 8 ans que nos troupes sont engluées dans le bourbier malien. Au départ le président français de l’époque, François Hollande, assurait que l’armée française ne serait présente que quelques mois puis son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, affirma que si la France n’avait pas vocation à rester éternellement au Mali, elle resterait néanmoins en première ligne jusqu’à l’intervention des forces africaines. Celles-ci sont venues et…. l’armée française est toujours présente. La raison en est simple. Le Mali n’est pas un pays. C’est un artefact occidental. Celui-ci n’est viable ni sur le plan politique, ni sur le plan ethnique et encore moins sur un plan économique. Il ne peut donc y avoir de solutions pérennes dans le cadre des frontières actuelles. Mais est-ce le problème des Européens ? NON. Coûteuse enfin puisque l’opération Barkhane, lancée le 1er août 2014 à la suite des opérations Serval et Épervier de 2013, se fait pour la modique somme de 600 millions d’euros par an ! La France gaspille ainsi 600 millions d’euros chaque année…. pour rien !

Ces 600 millions annuels seraient bien plus utiles pour la défense de notre sécurité et de nos intérêts géopolitiques si nous les utilisions pour combattre la présence turque en Libye. Chasser les Turcs de Libye et laisser carte blanche à l’Algérie au Mali feront davantage pour pacifier ce pays et lutter contre les islamistes que la présence de nos milliers de soldats. En outre, il devient urgent pour l’Europe de stopper Recep Tayyip Erdogan. Celui-ci ne respecte qu’une seule chose, la force. Se montrer faible face à un tel individu ne pourra que l’encourager à aller toujours plus loin dans les provocations. Le temps de la diplomatie est révolue. L’Europe ne peut laisser entre les mains de cet islamo-nationaliste la route migratoire africaine qui passe par la Libye. L’Europe doit soumettre la Libye à un embargo aérien et maritime à l’encontre des avions et des navires turcs voulant pénétrer dans ce pays. Si ces derniers devaient refuser d’obtempérer ils devraient y être contraints par la force. C’est le seul moyen efficace pour empêcher les livraisons d’armes en provenance d’Ankara. Un ultimatum devra également sommer la Turquie de retirer ses troupes et les mercenaires syriens présents en Libye. Au-delà de l’ultimatum si ces troupes persistaient à rester sur le territoire libyen elles deviendraient des cibles légitimes pour les forces européennes.

Si les Européens ne stoppent pas rapidement Erdogan alors une guerre inévitable opposera la civilisation européenne à la Turquie. Tous les signes préfigurant cet affrontement sont déjà là. Son agressivité en Syrie, en Libye et en Iraq ; son chantage migratoire permanent à l’encontre des îles grecques ; les violations de plus en plus répétées de l’espace aérien et maritime de la Grèce ; ses revendications illégitimes sur les ressources gazières de Chypre qui s’accompagnent de violations multiples de l’espace maritime de ce membre de l’Union européenne dont elle persiste à ne pas reconnaître l’existence et à occuper illégalement la partie nord ; l’agression inédite contre un navire de la marine française en Méditerranée ; la transformation de Sainte Sophie en mosquée ; le réveil du front caucasien entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Il faudrait être aveugle pour ne pas voir que tout cela relève d’une stratégie de la tension qui consiste à mettre les Européens devant le fait accompli en pariant sur la passivité et la lâcheté de ces derniers. La Turquie de Recep Tayyip Erdogan est entrée dans une spirale guerrière. Elle ne s’arrêtera pas toute seule. Il est temps de réagir. Plus nous attendront plus le prix sera élevé.

Laurent Dayona