L’assassinat du physicien nucléaire iranien Mohsen Fakhrizadeh par des éléments armés inconnus dans la banlieue de Téhéran a été l’occasion pour des médias français de cracher une nouvelle (ultime ?) fois leur haine irrationnelle contre le président américain Donald Trump. Si l’on en croit des experts sur des plateaux tv ou des envoyés spéciaux, cette action attribuée aux services secrets israéliens serait une tentative désespérée de l’hôte de la Maison Blanche et du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, pour provoquer une réaction militaire de l’Iran afin d’empêcher le président américain élu, Joe Biden, de reprendre les discussions avec l’Iran avec à la clef un possible retour des Etats-Unis dans l’accord nucléaire dont Donald Trump était sorti en 2018.

Comment des journalistes peuvent-ils dire ou écrire de telles âneries ? Comment des experts peuvent-ils accréditer un tel scénario ? Quiconque a une connaissance des opérations secrètes, aussi minime soit-elle, sait pertinemment que l’élimination de ce physicien, qui plus est en territoire ennemi, a sans aucun doute nécessité des semaines ou mêmes des mois de préparation. Ça c’est uniquement pour la planification. La mise en œuvre, forcément complexe et dangereuse, découle d’une opportunité répondant à des critères précis qui ne sauraient dépendre d’un quelconque agenda politique. Se sont les agents sur le terrain qui donnent le feu vert. Et non l’inverse. Enfin, croire que les Iraniens seraient assez stupides pour tomber dans un piège aussi grossier et se laisser ainsi manipuler pour le plus grand bonheur de Donald Trump et Benjamin Netanyahu c’est vraiment méconnaître l’histoire et la diplomatie de ce pays.

L’exécution de ce physicien nucléaire a eu lieu maintenant car c’est une opération préparée de longue date et qu’une fenêtre d’opportunité pour son exécution s’est dégagée. Point final. Le reste ne sont que des élucubrations. En 1870, l’attaché militaire français à Berlin, le baron Stoffel, avait prévenu les autorités françaises de la puissance de l’armée prussienne, de son organisation, de sa motivation et des risques d’un conflit pour la France. Il avait notamment blâmé ceux qui dans notre pays poussaient à la guerre : « Politiques, écrivains, journalistes qui n’ont pas même séjourné en Allemagne, qui n’ont étudié ni son histoire ni ses institutions (…) portent des jugements sur toutes choses et se font ainsi les maîtres d’un public encore plus ignorant qu’eux. » (1) Cela ne vous rappelle rien ? 

Laurent Dayona

(1) In Revue d’histoire Européenne, numéro 4, page 27.